Démission du Président du VTN

Communiqué reçu ce jour:

« Bonjour à tous,

Après deux saisons « Covid » compliquées, faites de réorganisation, d’annulations, de reports, de contraintes multiples et variées, rythmées par les mesures sanitaires, j’ai toujours eu à cœur de ne rien lâcher pour que le sport, NOTRE sport, VOTRE sport, continue à Tulle, mettant toute mon énergie, consacrant une grande partie de mon temps à vous, au volley, me pliant en quatre pour proposer, « ré-inventer », trouver des idées, des solutions, remuant ciel et terre pour que « ça continue », quitte à souvent devoir « faire le pompier ».

Je croyais avoir fait le plus dur. Suite à notre dernière Assemblée Générale du 5/07/2021, j’étais même optimiste et prêt à « repartir » pour la saison 2021-2022, ravi notamment par l’engagement presque inespéré de deux entraîneurs supplémentaires.

Or, nous avons reçu en date du 22/07/2021 un mail de la FFVB émanant du Ministère chargé des Sports nous informant qu’à partir du 21/07/2021, les équipements et évènements sportifs accueillant 50 personnes et + seraient soumis au passe sanitaire, l’organisateur de l’activité ou le gestionnaire de l’équipement sportif étant responsable du contrôle du passe sanitaire.

Je pensais naïvement que cette mesure prise au niveau « national » ne concernerait pas notre club, ou de manière exceptionnelle dans la saison, la plupart des entraînements proposés et des matchs disputés ne réunissant que très rarement autant de monde.

J’étais loin de me douter qu’un arrêté municipal (cf. pièce jointe), s’appliquant donc au niveau « local », à Tulle, nous serait adressé le 4/08/2021, renforçant drastiquement cette mesure en n’autorisant l’accès aux équipements sportifs de la ville (intérieurs comme extérieurs !) qu’aux seuls usagers titulaires d’un passe sanitaire. Le contrôle de ce passe sanitaire devant être effectué par les dirigeants des clubs sportifs, engageant leur responsabilité pénale (le fait de ne pas contrôler le passe étant puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000€ d’amende).

Il est à noter que cet arrêté a été pris, sans aucune consultation, sans aucune concertation des associations sportives tullistes concernées, ne serait-ce que dans la mise en œuvre de son application (possible? souhaitable?).

En tant que président du club et au regard de mes convictions, de mes choix, de ma vie et de la façon dont je conçois les relations avec et entre les gens, cela me pose un sérieux problème.

J’ai commencé le volley quand j’étais « petit » parce que – tout simplement – c’était un jeu auquel j’aimais jouer et auquel, d’ailleurs, je me suis pris… la preuve : 30 ans après, je suis toujours dedans après avoir été joueur, entraîneur, président de club. Accueillir, encourager et transmettre des valeurs aux plus jeunes, qu’ils passent de bons moments, qu’ils s’épanouissent, progressent et trouvent leur place sur le terrain et dans une équipe faisaient partie de ce qui m’animait encore il y a peu, malgré toutes les difficultés liées à la crise sanitaire et à ses conséquences sur l’organisation de notre association depuis deux saisons.

Je n’ai jamais fait de différences entre les gens qui voulaient nous rejoindre, quels que soient leurs couleurs, leurs origines sociales, leurs parcours, leurs vies, leurs idées, leurs choix. Pour moi, être président d’un club, c’est faire en sorte de rendre le sport accessible à tous et pour tous.

Suite à cet arrêté, il m’est aujourd’hui personnellement impensable d’avoir à envisager « trier » des licencié(e)s (ou d’être responsable d’un quelconque « tri ») sur un critère de « passe sanitaire », que j’estime être un critère personnel, confidentiel et sur lequel je considère ne pas avoir à « juger » les gens.

Autrement dit, très concrètement, jamais je ne pourrai me résoudre avoir à dire à quelqu’un qui ne serait pas en mesure de me (nous) présenter un passe sanitaire : « tu n’as pas le droit de rentrer dans ce gymnase, tu n’as pas le droit de pratiquer le sport que tu aimes, quelle que soit ta motivation, quel que soit ton niveau ». D’autant que certains jeunes ne seront pas en mesure de le faire parce que leurs parents ne souhaitent pas qu’ils soient vaccinés, quelles qu’en soient leurs raisons.

En résumé, je refuse tout simplement d’accepter de rentrer dans cet engrenage de « contrôle » de passe sanitaire au sein de notre association.

J’ai donc la tristesse et le regret de vous annoncer, sans autre alternative, ma démission, aussi brutalement communiquée que cet arrêté nous a été envoyé il y a 3 jours. Avec les conséquences que cela aura sur le club et sur son organisation.

Vous l’aurez compris – mais je crois bon de le préciser car les « raccourcis » sont faciles par les temps qui courent – il ne s’agit pas du problème de « ma » vaccination, mais bien du contrôle de celle des autres. Ma décision, réfléchie, est prise : je ne rentrerai pas dans cette logique. Rien ne me fera changer d’avis sur ce « tri » que je juge discriminant, car basé sur des données sanitaires, que je considère comme personnelles et confidentielles.

Je sais ne pas être le seul, loin de là, à prendre cette décision. D’autres présidents ont démissionné dans d’autres disciplines, un peu partout en France. Ce « passe sanitaire », renforcé à Tulle à l’extrême, est pour moi, la « goutte d’eau qui fait déborder le vase ».

Ma démission prendra officiellement effet d’ici quelques semaines : en attendant, je reste bien entendu disponible et actif pour traiter les « affaires en cours » et accompagner celles et ceux qui voudront bien « continuer » dans ces conditions, dans ce contexte.

Salutations sincères,

Boris Gibiat,

Président du Volley-Ball-Tulle-Naves »